Logement
GRL
Une garantie de logement à vocation universelle
Les acteurs du logement se réunissent le 12 juillet au Conseil économique et social afin d’étudier la mise en œuvre de la Garantie des risques locatifs, opérationnelle depuis plusieurs mois.
La
Garantie des risques locatifs a seulement six mois d’existence, mais
l’heure d’un premier bilan a déjà sonné. Plusieurs centaines de
personnes sont attendues ce jeudi au Palais d’Iéna, à Paris, pour
participer aux premiers “ Rendez-vous de la GRL ”. Organisée par
l’APAGL, l’Association pour l’accès aux garanties locatives, cette
demi-journée a pour but de répondre aux questions de chacun sur la mise
en place de ce dispositif, sa raison d’être et son fonctionnement.
Plusieurs intervenants seront présents, dont Jean-Luc Berho, secrétaire
confédéral et président de l’APAGL, Michel Mouillar, professeur
d’économie, Christine Boutin, ministre du Logement, ainsi que de
nombreux représentants d’organismes concernés par le logement :
organisations de salariés, d’employeurs, Agence nationale de l’habitat,
fédérations d’agents immobiliers, assurances…
Cet événement sera également l’occasion d’une “ prise de conscience
commune ” de la situation difficile du logement en France, et de la
nécessité de trouver des réponses collégiales. La GRL en fait partie.
Né en décembre 2006, après la signature d’une convention entre l’État
et l’Union d’économie sociale pour le logement (organisme paritaire qui
gère le 1% logement), ce dispositif, porté depuis longtemps par la
CFDT, constitue une réelle avancée permettant de faciliter l’accès du
plus grand nombre au parc locatif.
La Garantie des risques locatifs couvre en effet, pour toute la durée
du bail, les risques d’impayés des loyers et des charges. De fait, il
remplace le système Loca-Pass, créé en 1999 et distribué à plus de
trois millions de personnes. La GRL permet aux personnes n’entrant pas
dans les critères habituels de solvabilité d’avoir accès à une offre
locative étendue. Les bailleurs et les assureurs exigent généralement
des revenus mensuels au moins trois fois supérieurs au montant du loyer
et un contrat de travail à durée indéterminée. Le taux d’effort (part
des revenus consacrée au loyer) admis pour la GRL est de 50%, et les
contrats précaires peuvent en bénéficier. En cas d’impayé dû à des
changements professionnels ou familiaux, le locataire pourra bénéficier
d’un accompagnement social pour lui permettre de faire face à ses
difficultés, en partenariat avec des associations de lutte contre
l’exclusion. Le cas échéant, des solutions de relogement lui seront
proposées. Les modalités de cet accompagnement sont sur le point d’être
finalisées.
Le bailleur est garanti dès le premier retard de loyer.
Le bailleur, quant à lui, est assuré de percevoir le montant de son
loyer, puisque la garantie intervient dès le premier mois de retard du
paiement. Il pourra également être remboursé de la remise en état du
logement après le départ du locataire, dans la limite de 7 700 €. En
signant un contrat GRL, le bailleur s’engage à ne pas demander de
cautionnement supplémentaire. Ces garanties sont financées par une
contribution des bailleurs égale à 2,5% du montant du loyer, par l’État
et par les fonds du 1% logement. Tous les locataires éligibles au 1%
logement (salariés du privé, jeunes de moins de 30 ans en recherche
d’emploi, étudiants boursiers…) qui remplissent les conditions de
revenus et ceux qui bénéficient d’une aide personnelle au logement
(APL) peuvent prétendre à la GRL. Ils sont pris en charge par l’UESL
(Union d’économie sociale pour le logement). Les locataires hors 1%
logement (fonctionnaires, professions indépendantes, demandeurs
d’emploi, retraités de plus de cinq ans) sont pris en charge par l’État.
La GRL arrive à temps pour tous les locataires en situation précaire.
L’augmentation vertigineuse des prix et des loyers durant les sept
dernières années leur a rendu la recherche d’un logement
particulièrement difficile. Mais le dispositif peut encore être
amélioré, pour aboutir à une GRL universelle, dans l’esprit de la loi
sur le droit au logement opposable. La plupart des acteurs concernés
par le logement estiment d’ailleurs la GRL indispensable à la bonne
application de la loi Dalo (droit au logement opposable). Ainsi, des
négociations devraient s’ouvrir entre les partenaires sociaux, l’État
et les collectivités locales afin de trouver d’autres sources de
financement qui permettraient de rendre cette universalité effective.
Il s’agit de prendre en compte les publics ne répondant pas aux
critères de solvabilité de la GRL, les personnes aux plus bas revenus,
les titulaires de minima sociaux. Pour les signataires de la
convention, il s’agit d’uniformiser les critères d’éligibilité entre
les publics relevant du 1% logement et ceux qui sont hors 1%. Enfin, la
question de la double résidence s’est posée pour les salariés en
mission temporaire, en formation ou travaillant loin de leur domicile
habituel. Les partenaires sociaux ont donc décidé que la GRL couvrira
la deuxième résidence, et deux contrats GRL pourront ainsi être
attribués à une même personne.n
« Un réel savoir-faire de la CFDT » Quel lien sera effectué avec la loi sur le droit au logement opposable ? Que
penses-tu de la notion de “France de propriétaires” développée par le
président de la République, et des mesures fiscales destinées à la
concrétiser ? Comment les militants peuvent-ils prendre en charge les questions de logement ? |
La GRL, comment ça marche ? |