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CFDT

Les conseillers du salarié
Une personne menacée de licenciement peut se faire assister, même en l’absence de délégués ou de syndicats dans son entreprise.
Une fonction
créée en 1989
C’est surtout pour que, dans les petites et
très petites entreprises dépourvues de sections
syndicales et de délégués du personnel,
les salariés menacés de licenciement ne soient
pas livrés à un tête-à-tête
avec leur employeur lors de l’entretien préalable,
qu’ont été institués les conseillers
du salarié.
Cette fonction a été créée
par la loi du 2 août 1989, puis renforcée
par un autre texte législatif en date du 18 janvier
1991.
Des listes
constituées dans chaque département
Les conseillers du salarié sont des personnes
figurant sur des listes préparées par les
Directions départementales du travail, de l’emploi
et de la formation professionnelle (DDTEFP), après
consultation des organisations de salariés et d’employeurs
les plus représentatives.
Ces listes sont établies pour une durée
de trois ans par le préfet du département.
Elles sont disponibles dans les préfectures mais
aussi dans les mairies. Il est à noter que, si
les conseillers prud’hommes en exercice ne peuvent
pas figurer sur ces listes, rien n’empêche
les anciens conseillers d’en faire partie.
Chaque liste de conseillers doit comporter leur nom, leur
adresse et leur profession, ainsi que leur appartenance
syndicale éventuelle.
Lorsqu’un employeur convoque un salarié pour
un entretien préalable, il est tenu de lui préciser
l’adresse des services où la liste des conseillers
est tenue à sa disposition.
Un rôle
d’assistance et d’information
Le rôle du conseiller consiste pour l’essentiel
à assister le salarié menacé de licenciement
et à l’informer de ses droits dans le cadre
de cette procédure, tout en rappelant à
l’employeur ses obligations légales.
Le conseiller peut aussi faire office de témoin
pour le salarié si, par la suite, celui-ci conteste
la justification de son licenciement. Le salarié
peut, en effet, produire une attestation de son conseiller
témoignant du déroulement, ainsi que du
contenu, de l’entretien préalable, l’employeur
ne pouvant pas s’opposer à cette démarche.
Un statut
particulier qui offre des garanties
Salarié d’une entreprise, le conseiller
du salarié bénéficie d’un statut
particulier.
Crédit d’heures.
Dans les établissements où sont employés
au moins onze salariés, le conseiller dispose d’un
crédit de 15 heures par mois. Le temps qu’il
passe hors de l’entreprise, pendant ses heures de
travail, pour exercer sa mission, est assimilé à
une durée de travail effectif pour le décompte
de ses jours de congés payés, ainsi qu’au
regard de tous les droits qu’il tient du fait de son
ancienneté dans l’entreprise.
Les absences du conseiller sont rémunérées
par son employeur, l’Etat remboursant à ce
dernier les salaires maintenus pendant ces absences, ainsi
que les avantages et charges sociales qui y sont liés.
Protection contre le licenciement.
Les conseillers du salarié disposent d’une
protection spéciale contre le licenciement, lequel
ne peut être prononcé sans l’autorisation
de l’inspecteur du travail. Le licenciement d’un
conseiller est soumis à la procédure applicable
aux délégués syndicaux, ce qui correspond
au versement d’une indemnité égale à
douze mois de salaire.
Formation. Le conseiller
est autorisé à s’absenter de l’entreprise,
pour les besoins de sa formation, dans la limite de deux
semaines par période de trois ans.
Accidents du travail. Tout
accident survenant à l’occasion d’une
mission de conseiller est soumis au régime des accidents
du travail et de trajet. Le complément de salaire
versé par l’employeur durant l’arrêt
de travail est pris en charge par l’État.
Indemnités.
Le conseiller ayant effectué au moins 4 interventions
au cours de l’année civile bénéficie
d’une indemnité forfaitaire (38,11 €
par an), qui s’ajoute au remboursement de ses frais
de déplacement.
En
savoir +
Un
lien direct avec l’action syndicale
Inscrits sur des listes déposées dans
les préfectures et les mairies, après
consultation des organisations représentatives,
les conseillers du salarié sont très
souvent des militants syndicaux, dont l’appartenance
est d’ailleurs mentionnée de façon
explicite.
Pour qui souhaite se faire assister par un conseiller
CFDT, il lui suffit de se reporter directement à
ces listes, mais il peut aussi prendre contact avec
le syndicat CFDT correspondant à son secteur
professionnel ou avec les permanences des unions locales
ou départementales.
Dans de nombreux départements, les conseillers
du salarié sont étroitement associés,
au-delà de son volet juridique, à l’activité
syndicale, au sens large du terme, de la CFDT. La
prise en charge des personnes menacées de licenciement
contribue à faire connaître l’organisation…
et à donner envie d’y adhérer.
Tout
savoir sur l'entretien préalable au licenciement
La convocation
à l’entretien
L’employeur doit adresser au salarié
une lettre de convocation à l’entretien
préalable à un licenciement. Cette
lettre doit lui être adressée en recommandé
ou remise en main propre contre décharge.
La lettre doit indiquer :
• L’objet
de l’entretien. Il doit être précisé
qu’un licenciement est envisagé, sans
pour autant faire état d’une décision
arrêtée de congédiement. Le
simple fait de d’évoquer la possibilité
d’une sanction rend la procédure irrégulière.
L’employeur n’a pas non plus à
indiquer, dans sa lettre de convocation, les griefs
allégués contre le salarié.
• La date,
l’heure et le lieu de l’entretien. Dans
les entreprises dotées de représentants
du personnel, il n’y a pas de délai
minimum légal à respecter, mais un
délai « suffisant »
entre la convocation et l’entretien lui-même.
En revanche, en l’absence de représentants
du personnel, l’entretien ne peut avoir lieu
moins de cinq jours ouvrables après la présentation
au salarié de la lettre recommandée
de convocation ou sa remise en main propre.
À noter que l’entretien doit avoir
lieu pendant les heures de travail. Ainsi, un salarié
à temps partiel ne peut-il être convoqué
un jour où il ne travaille pas habituellement.
Possibilité,
pour le salarié, de se faire assister
La lettre de convocation doit indiquer à
son destinataire qu’il peut se faire assister
par une personne de son choix appartenant au personnel
de l’entreprise, notamment un représentant
du personnel, lequel ne doit subir aucune perte
de rémunération.
Lorsque l’entreprise n’a pas de représentants
du personnel, le salarié peut se faire assister
par un conseiller extérieur à l’entreprise,
inscrit sur une liste dressée par le préfet.
L’employeur doit préciser l’adresse
des services où les listes des conseillers
sont consultables.
Si la lettre de convocation ne mentionne pas la
possibilité de se faire assister, soit par
un salarié de l’entreprise, soit par
un conseiller extérieur, le salarié
peut prétendre à des dommages et intérêts.
L’entretien
préalable
Participent à l’entretien préalable
au licenciement, l’employeur lui-même
ou la personne qui a qualité pour licencier,
le salarié convoqué, ainsi que l’assistant
de celui-ci, qu’il s’agisse d’un
membre du personnel ou d’un conseiller extérieur.
Il n’est pas interdit à l’employeur
de se faire assister, mais cet assistant ne doit
pas être une personne étrangère
à l’entreprise. De plus, cette assistance
ne doit pas détourner l’entretien de
son objet en se transformant en enquête.
Tel et Fax :SERVICE JURIDIQUE :03 25 56 43 91
ul-cfdt@orange.fr
Maison des Syndicats- 17 Rue Waldeck Rousseau -52100 SAINT-DIZIER